Plongée au coeur d’une séance, pas à pas.
La kinésiologie est une pratique qui se vit plus qu’elle ne se décrit.
Aucune séance ne ressemble vraiment à une autre, car elle s’adapte à la personne, à son vécu et à ce que son corps exprime à ce moment-là.
Cette singularité peut parfois rendre le déroulement d’une séance difficile à imaginer, voire un peu flou.
Plutôt qu’une liste d’étapes théoriques, je te propose d’entrer dans une séance type, à travers l’exemple de Madame Sophie (prénom modifié), venue me consulter pour un état de stress et de charge mentale important.
L’accueil et le temps d’échange
➡️ Accueillir la personne là où elle en est sans jugement
J’accueille Madame Sophie dans mon cabinet de kinésiologie et je lui propose de s’installer pour un premier temps d’échanges.
Je lui demande simplement ce qui l’amène aujourd’hui. Ici la personne est libre de s’exprimer à sa manière : certains ont besoin de poser beaucoup de mots, d’autres moins, tout est juste.
➡️ Mettre des mots sur ce qui est vécu
Madame Sophie m’explique qu’elle se sent épuisée depuis plusieurs mois, tendue, stressée, à bout de souffle. Ses émotions lui semblent débordantes : tristesse, colère. Elle est à fleur de peau, se met en colère « pour un rien », comme elle le dit.
Elle évoque également des tensions musculaires, aux épaules et au cou, des difficultés de concentration et de motivation, ainsi que cette sensation persistante de ne plus avoir d’énergie.
➡️ Mes questions en tant que professionnelle
A partir de ce que la personne me partage, je vais poser différentes questions, non pas par curiosité, pour analyser ou interpréter, mais pour mieux comprendre ce qu’elle me décrit, comment cet état s’est installé et dans quel contexte il évolue.
Pour Madame Sophie, je m’intéresse notamment à la durée de cet état de fatigue et de stress, à la manière dont il est apparu – progressivement ou suite à un évènement particulier – ainsi qu’au cadre de vie personnel et professionnel de la personne.
J’aborde également la question du sommeil, qui est souvent un indicateur précieux de l’état général, en particulier en lien avec le stress.
Madame Sophie m’explique alors qu’elle a des difficultés d’endormissement, des pensées envahissantes le soir, des réveils nocturnes, et une fatigue persistante au réveil.
Enfin, je pose la question la plus essentielle pour moi : « Comment aimeriez-vous être ? ».
Cette question permet de déplacer le regard : on ne parle plus seulement de ce qui ne vas pas, mais de ce vers quoi la personne souhaite aller.
Madame Sophie me parle alors de sérénité, de légèreté et de la capacité à lâcher prise.
➡️ Poser le cadre de la séance
Une fois ces éléments posés, je prend un temps pour expliquer le cadre de la séance : ce qu’est la kinésiologie, comment nous allons travailler ensemble et notamment le test musculaire. Je lui précise qu’elle est libre de me poser des questions à tout moment de la séance.
Explorer l’origine du stress, par le corps
➡️ Le test musculaire
Madame Sophie s’installe ensuite sur la table de séance.
Je lui montre concrètement comment le muscle réagit face à un stress, afin qu’elle comprenne ce qui se passe et reste actrice de la séance.
➡️ Écouter ce que le corps exprime
En lien avec la problématique pour laquelle Madame Sophie est venue, le test musculaire permet d’explorer d’où vient le stress que le corps exprime aujourd’hui.
Il ne s’agit pas de chercher une cause mentale ou une explication logique, mais d’écouter ce que le corps met en évidence.
Dans la séance de Madame Sophie, le corps met en lien le stress actuel avec une période ancienne de sa vie associée à un ressenti de manque de sécurité affective.
➡️ Mettre en lien avec l’histoire de la personne
À ce stade, je ne dispose que d’informations émotionnelles, inconscientes, pas de faits. Je lui pose donc des questions pour voir ce que cela évoque pour elle.
Madame Sophie me partage alors qu’à cette période, ses parents étaient peu présents et peu démonstratifs de leur amour. Elle m’explique qu’elle ressentait souvent de la tristesse et le sentiment de ne pas être vraiment aimée.
Il est important de comprendre que même si la personne n’a aucun souvenir précis de la période évoquée, cela n’empêche pas le travail de se faire : en kinésiologie on part toujours de ce que le corps exprime.
➡️ Formuler l’objectif de séance
A partir de ce que le corps met en évidence, l’objectif de la séance se précise.
Il est parfois différent de ce qui a été exprimé au début de l’entretien, car on ne travaille plus uniquement avec le conscient, mais sur l’origine profonde et inconsciente de la problématique.
Pour Madame Sophie, l’objectif s’oriente autour de l’acceptation de soi, afin de sortir de cette tendance à se sur-adapter aux autres et à se mettre constamment de côté : « Je m’accepte telle que je suis. »
En kinésiologie, l’objectif de séance est toujours formulé de manière affirmative, à la première personne et ne dépend que de la personne elle-même.
Équilibration
➡️ La phase d’équilibration
Une fois l’objectif posé, la séance entre dans la phase d’équilibration.
Il ne s’agit pas de forcer un changement, mais d’ouvrir une possibilité, une porte intérieure. La kinésiologie n’emmène pas quelqu’un quelque part : elle ouvre un espace pour que la personne puisse avancer à son rythme.
À l’aide du test musculaire, je demande au corps ce dont il a besoin pour aller dans cette direction, pour que l’objectif de séance puisse devenir accessible sans lutter contre soi-même. C’est un peu comme si la kinésiologie permettait de ne plus ramer à contre courant.
Concrètement, il n’y a pas de protocole global et défini pour chaque séance. C’est le corps de la personne qui m’indique de quoi il a besoin à ce moment là.
Cela signifie que je ne peux pas dire à l’avance ce que nous allons faire pendant cette phase.
En revanche, à chaque information donnée par le corps, je prends le temps d’expliquer à la personne ce que je vais faire et pourquoi, tout en lui demandant son accord.
Les techniques qui peuvent être utilisées sont toujours douces, respectueuses du corps et non invasives. Elles peuvent par exemple passer par la visualisation, le travail sur certains méridiens d’énergie, ou par la stimulation de zones réflexes.
Dans le cas de Sophie, le corps a indiqué un travail en lien avec la notion de confiance et de sécurité. En stimulant certains points associés à cet axe, cela permet au corps de relâcher une charge émotionnelle ancienne et de retrouver plus de sérénité.
➡️ Vérifications
Une fois les équilibrations réalisées, je prends un temps pour vérifier, avec le test musculaire, que le corps est bien équilibré, que l’objectif de séance ne crée plus de stress chez la personne.
Cette étape permet de s’assurer que le travail est complet, que rien n’a été laissé de côté.
Préparation de l’après séance
➡️ Un point sur les ressentis immédiats
Au fur et à mesure de la séance, certaines sensations peuvent apparaître. Notamment, il peut y avoir une sensation de détente (tant dans la tête que dans le corps).
Madame Sophie m’explique qu’elle se sent agréablement vidée, détendue. Comme sur un nuage. « Un peu comme après mon shopping mais sans les douleurs et le souffle court ! »
Ces ressentis sont tout à fait normaux et temporaires.
Ils sont liés à la charge émotionnelle de la séance, au travail sur l’inconscient qui a été engagé et à l’énergie que le corps mobilise pour intégrer ce qui a été travaillé.
Une fois cette phase passée, le corps continue son travail d’intégration de la séance et des changements plus durable se mettent en place.
➡️ Comprendre les suites de séance
Chaque personne étant différente, il n’existe pas de manière unique ou prévisible de vivre les suites d’une séance de kinésiologie.
Il n’y a donc pas de règle générale applicable à tous.
Cela dit, certaines façons de ressentir les effets reviennent plus fréquemment.
Les effets peuvent parfois se faire ressentir immédiatement, évoluer progressivement dans les jours ou les semaines qui suivent, ou apparaître plus tard au bout de 3 à 4 semaines.
Quelques semaines après sa première séance, Sophie m’a recontactée. Ce n’est pas elle qui avait remarqué les premiers changements, mais son mari qui lui a fait observer qu’elle semblait moins tendue, plus sereine et globalement moins stressée au quotidien.
En y repensant, Sophie s’est rendu compte qu’au fil des semaines, certaines de ses réactions avaient effectivement évolué naturellement. Elle se sentait moins sur la défensive, plus apaisée et avait l’impression de mieux se respecter dans son rythme. Ces changements se sont installés progressivement.
➡️ L’acte symbolique
Un temps important de la fin de séance consiste à choisir un acte symbolique, en lien avec le travail réalisé.
La séance a permis d’ouvrir une porte au niveau de l’inconscient ; l’acte symbolique permet, lui, de poser une action consciente.
Je guide la personne pour trouver une action simple et concrète, en lien avec l’objectif travaillé et à réaliser une seule fois dans les jours qui suivent.
Pour Sophie, l’acte symbolique a pris la forme d’un moment de détente choisi consciemment pour elle-même. Un temps pour se faire plaisir et se reconnecter à ses besoins.
Même si cet acte peut sembler simple, il est symboliquement très important : il permet à la personne de se repositionner comme actrice et de faire, consciemment, le choix de franchir la porte qui a été ouverte pendant la séance.
La fin de séance et la suite
La séance se termine par un nouveau temps d’échanges, durant lequel la personne est libre de poser toutes les questions qu’elle souhaite (sur la séance, le test musculaire ou la suite) et partager ses ressentis.
J’explique également l’importance de laisser au minimum trois semaines entre deux séances, afin de permettre une bonne intégration du travail réalisé.
Pour la suite, chaque personne reste totalement libre de ses choix.
Certaines choisissent de revenir régulièrement pendant une période, d’autres de manière plus ponctuelle. Il n’y a pas de règle, si ce n’est le respect de son propre rythme.
Sophie a choisi de poursuivre l’accompagnement, avec l’envie de consolider les changements amorcés et de retrouver un apaisement encore plus profond et durable.
Conclusion
Une séance de kinésiologie est un espace d’écoute, de présence et d’accompagnement.
Elle ne force rien, n’impose rien mais ouvre des possibilités, que chacun est livre d’explorer à son rythme.
Quelques semaines après sa séance, Sophie m’a confié : « Je ne m’attendais pas à ce que cette séance me fasse autant de bien. C’est vraiment quelque chose qui se vit. »
Cette phrase résume bien l’esprit de la kinésiologie : un accompagnement en profondeur, parfois surprenant, qui se vit, s’intègre et se déploie dans le temps.
Si tu souhaites tester tes connaissances sur la kinésiologie, voici un petit quiz pour démêler le vrai du faux : ❓
